Recyclés ou recyclables, biocomposites et composés de matériaux naturels, les plastiques sont entrés dans l’ère du green. Et les designers exploitent ces nouvelles matières durables.
par Agnès Zamboni, le 18 February 2017
Un monde en pleine mutation
Il est loin le temps où le plastique, vecteur de la société de consommation produisait des objets obsolètes et de mauvaise qualité. L’univers des plastiques est désormais animé par une volonté d’écoconception, un mélange de savoir-faire artisanal et de créations détourné par la technologie qui préside aux plastiques de demain. Les designers de meubles l’ont rêvé, les industriels l’ont déjà fait.
Les plastiques d’aujourd’hui sont recyclables mais aussi biodégradables. Les termes PA recyclé, PE recyclé, PE ou PETE sont garants d’une traçabilité dans le mode de fabrication et de destruction du matériau. Le secteur des bioplastiques ou biocomposites, véritable vecteur de développement durable et d’industries d’avenir, recherche des ressources écologiques qui permettent de remplacer des fibres synthétiques toujours utilisées aujourd’hui et qui sont polluantes à long terme. Outre leur impact moindre sur la planète, ces matériaux sont un véritable concentré de performances. Ils s’utilisent en petites quantités et permettent de fabriquer des objets plus légers. Ils sont formés par une matrice (résine) et un renfort de fibres naturelles issues de plantes ou de cellulose (fibres de bois, de chanvre, d’amidon de maïs ou de canne à sucre) biodégradables. Mais un composite n’est pas entièrement biodégradable, sa matrice doit l’être aussi. Les résines classiques comme le polyester ou l’époxy sont renouvelables, recyclables mais pas biodégradables.
Venu du monde de l’automobile, Frédéric Morand a créé en 2007, DSC (Design Composit Solution) devenue aujourd’hui la firme Saintluc design composites solution. C’est avec le designer François Azambourg qu’il a mis au point une chaise à base de fibre de lin qui réduit 98 % les rejets de CO² par rapport à une chaise en fibre de verre. Et depuis, de nombreux autres designers ont cédé à l’appel des matériaux bio-sourcés et végétaux ou des pertes des productions industrielles.